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Mon premier Mesnager

Ca fait un moment que je vous parle de mes grapheurs préférés, Nemo et Jérôme Mesnager. J’ai profité d’un passage éclair à Paris pour aller visiter une expo consacrée à Mesnager à la galerie Art Jingle, qui a l’avantage d’être située pas loin de la gare de Lyon…

Et cette petite oeuvre sur planches de palissade m’a dit « achète moi… »

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Quand les choses me parlent, surtout pour me dire « Achète moi » je ne sais pas résister. Alors voilà, j’ai rapporté ce merveilleux bonhomme blanc serré contre mon coeur pendant le voyage de retour, je l’ai installé où il a voulu et maintenant il est chez lui… Un peu chez moi aussi, mais surtout chez lui.

Un Engrenage de Délices

traite-romanesquePetit Traité Romanesque de Cuisine… Dans le titre, déjà deux passions : les romans et la cuisine. Et ce livre de Marie Rouannet tient ses promesses : on le dévore, on le goûte, on le sent, on s’en délecte.

Grâce à Jeanne-Odile qui m’avait offert le sien, et bien qu’il soit difficile à trouver, je ne cesse de l’offrir à mes amis gourmands, gourmets, amoureux de la vie.

Jugez-en : le petit chapitre que je reproduis ci-dessous ne vous met-il l’eau à la bouche et les papilles en éveil ?

 » Ce soir où vous n’avez pas envie de cuisiner, qu’un engrenage de délices vous entraîne.

Choisissez, en abondance, du beau raisin : du dattier, du muscat blanc ou noir, du chasselas, bien sûr, de l’oeillade qui éclate, fraîche dans la bouche.

Allez à la recherche d’un bon pain de la dernière fournée, tout juste froid.

Munissez-vous chez un fromager-affineur d’un roquefort beurré – je demande à l’éprouver entre le pouce et l’index. Certains l’aiment très bleu, le blanc un peu jaune, d’autres plus blanc. Ca se discute. Arrangez vous pour qu’il puisse passer plusieurs heures hors de tout froid, à la température ambiante. Si le roquefort n’est pas parfait, choisissez une tomme de Savoie, un « laguiole » à grosse croûte crevassée, un saint-marcellin crémeux, un chèvre « à coeur ». Le choix ne manque pas ; en tout cas que ce soit un fromage fort et gras.

Attablez-vous. Il n’y aura même pas de vaisselle, juste la lame du couteau à essuyer. Un rouge parfumé a été mis à rafraîchir.

On peut commencer. Mais on ignore où on s’arrêtera…

Il reste toujours entre les mains ou du fromage, ou du pain, ou un grappillon. Alors on se ressert de ce qui manque. Pour réactiver les goûts on boit une lampée. Mais bientôt une autre composante vient à manquer.

On ne peut avoir une meilleure expérience de l’éternité de bonheur. Mais on est sur terre, où tout est limité et on ne va jamais que jusqu’à plus faim et plus soif, jusqu’à avoir bu tout le vin et raflé toutes les miettes.« 

Un baiser

Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce ?

Un serment fait d’un peu plus près

Une promesse plus précise

Un aveu qui veut se confirmer

Un point rose qu’on met sur l’I du verbe aimer… »

Et comme j’aime les baisers, quelques illustrations qui me touchent.

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Découvert à Milan, le Baiser de Francesco Havez.

Je l’aime depuis toujours, celui de Klimt.

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Archi connu, mais si plein d’ardeur celui de Rodin :

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Si fusionnel, celui de Brancusi :

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Archi-connu aussi, le Baiser de l’Hôtel de Ville de Doisneau.

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J’aurais bien aimé insérer la scène finale de « 4 mariages et un enterrement », le baiser sous la pluie d’Andy mac Dowell et Hugh Grant, mais pas moyen de la trouver.

Alors, à défaut, je termine par ce poème de Louise Labbé, où palpite le désir :

« Baise m’encore, rebaise-moi et baise :
Donne m’en un de tes plus savoureux,
Donne m’en un de tes plus amoureux :
Je t’en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las, te plains-tu ? Là, ce mal je l’apaise,
T’en donnant dix et d’aussi doucereux.
Ainsi mêlant nos baisers si heureux
Jouissons-nous l’un de l’autre à notre aise. « 

Et vous, quels sont vos baisers préférés ?

Printemps… le retour

Oui, je sais. Je ne publie plus grand chose (on peut même raisonnablement dire « rien du tout »…).

J’ai pour (mauvaise) excuse de cumuler en ce moment un nouveau boulot (passionnant), une entrée en formation (idem), une nouvelle famille et beaucoup d’heures de route (ceux qui disent beaucoup d’heures de vol vont au coin !)

Alors, à défaut de vous faire partager mes nouvelles découvertes musicales (euh, enfin si j’ai découvert Space Oddity de David Bowie avec juste un peu plus de 40 ans de retard…), littéraires (j’ai honte, mais je traîne depuis plus de deux semaines sur The Princess Bride, et pourtant c’est génial) ou culinaires (j’avoue, j’avoue j’ai même failli manger des haricots verts surgelés…), vous serez quitte pour subir l’édition 2011 de mon petit couplet élégiaque sur le retour du printemps…

Car, si long que soit l’hiver, il arrive un jour où, comme Kenzaburô Ôé, on peut dire : « Et puis nous sortirons pour revoir les étoiles… »

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Krowki…

A chacun sa madeKrowki.jpgleine, la mienne s’appelle Krowki.

Krowki, c’est le pluriel de krowka (la petite vache), c’est du polonais, et ça désigne le meilleur bonbon du monde, un caramel au lait, de ceux que les anglais appellent Fudge, c’est à dire à la fois croquant et fondant.

Quand j’étais petite, en Pologne donc, c’était LE bonbon. Emballé dans son papier jaune et blanc, avec le dessin de la petite vache noire et blanche, je le reconnaîtrais n’importe où, n’importe comment.

Les années passant, mais mon enfance s’étant globalement déroulée dans le bloc de l’est, le krowki (oui, je sais, je devrais dire le krowka, mais c’est comme ça, d’ailleurs c’est impossible de n’en manger qu’un…) a continué à faire partie de ma vie.

Plus tard, je me souviens de mon émotion et de ma joie à le retrouver inchangé lors d’une mission en Pologne à la grande époque de Solidarnosc.

Dans certaines chaînes de magasins de bonbons en France, on trouvait parfois des krowki ! L’occasion à chaque fois de reprendre une petite bouffée d’enfance. Au point que pour mes propres enfants, qui n’ont pourtant jamais mis un pied en Pologne, ce bonbon est également devenu mythique.

krowki2.jpgLa Pologne avançant à grands pas sur le chemin du capitalisme, le krowki a été relooké, il est même maintenant produit sous plusieurs marques commerciales…

Le goût n’a pas changé, c’est toujours cette texture inimitable et ce goût de caramel au lait (pour le goût : sucette Pierrot Gourmand, encore une madeleine…).

Et j’ai même découvert, à l’occasion de cet article, que des recettes de krowki circulaient sur internet. Je ne les ai pas encore testées, mais je vous les livre quand même, et j’attends vos commentaires !

Recette n°1

1/2 litre lait
400g sucre
50-100g beurre

Faire chauffer le sucre dans le lait en remuant constamment jusqu’à ce que le mélange épaississe et commence à dorer. Attention, continuez à tourner, ça peut vite brûler.

Oter du feu et ajouter le beurre.

Etaler sur une plaque non adhésive, et couper en rectangles quand ils sont froids.

Recette n°2

-1/4 l de lait

-1 litre de sucre

-1 boîte de lait concentré sucré

-6 cuillers à soupe de lait en poudre

Faire cuire le tout à feu très doux pendant 1 h en remuant régulièrement.

Oter du feu, et ajouter 12 cuillers à soupe de beurre. Bien mélanger.

Etaler sur une plaque, laisser refroidir et couper en rectangles.

Le concours du meilleur Krowki est ouvert ! Et je m’auto-proclame arbitre et goûteur en chef. N’hésitez pas à me faire parvenir vos échantillons…