Retour à Gorée

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Vu ce soir un film magnifique, Retour à Gorée. Tout le monde parle de road movie musical à son propos, ce n’est pas faux, mais c’est bien plus que ça.Je m’attendais à voir un film sur l’esclavage, mais c’est avant tout un film sur la musique.Youssou N’Dour a voulu partir à la recherche de ce qu’il restait de l’héritage des esclaves dans la musique et en particulier le jazz. Il a aussi voulu utiliser sa popularité et son talent pour donner à chacun l’occasion de ne pas oublier que ce sont plus de 20 millions d’africains qui ont été volés à leur terre.

Composé de rencontres avec des musiciens exceptionnels aux quatre coins des Etats Unis, puis en Europe et en Afrique, ce film parle aussi de partage et de comment se crée la musique.

Au rythme de ce que raconte chacun, et en particulier Amiri Baraka, ou Joseph N’Diaye, le conservateur de la maison des esclaves à Gorée, au rythme des sessions avec les différents musiciens, nous progressons vers le concert final à Gorée.

Si vous voulez voir la bande annonce sur youtube, c’est là : http://www.youtube.com/watch?v=JOhINyokIH

Malheureusement le CD n’est pas sorti (et pas annoncé) et le DVD pas encore sorti (le film est sorti sur les écrans en avril 2008). Mais si vous avez l’occasion de le voir pas trop loin de chez vous, allez-y !

Et ci contre  l’image obsédante de la « porte sans retour » par laquelle les esclaves passaient pour être chargés sur des bateaux de 30 m de long, 8 m de large, sur lesquels 30 % des 400 esclaves transportés dans des conditions effroyables allaient mourir avant l’arrivée.

Et le poème dit par Amiri Baraka au cours du film :

At the bottom of the Atlantic Ocean, there is a railroad made of human bones.

Black Ivory, black Ivory

At the bottom of the Atlantic Ocean, there is a railroad made of human bones.

Black Ivory, black Ivory

Wade in the water, wade in the water children, wade in the water, God’s gonna trouble the water

If you ever find yourself somewhere lost and surrounded by enemies who won’t let you speak in your

own language, who destroy your statues and instruments, who ban your oom boom ba boom

And you are in trouble.

They ban you’re oom boom ba boom

Africa, Africa, Africa, Africa, Africa

You’re in deep, deep trouble

Probably take you several hundred years to get out

To get out, to get out, to get out

Je traduis comme je peux :

Au fond de l’océan atlantique, il y a une voie ferrée faite d’ossements humains,
D’ivoire noire, d’ivoire noire
Marchez dans l’eau, marchez dans l’eau, enfants, marchez dans l’eau, Dieu viendra troubler cette eau
Si tu te trouvais jamais perdu quelque part, entouré d’ennemis t’interdisant de parler ta langue, détruisant tes statues, tes instruments de musique, bannissant ton oom ba boom
Mal barré
Ils bannissent ton oom boom ba boom
O Afrique, afrique, afrique, afrique
Tellement mal barré
Qu’il te faudrait bien plusieurs centaines d’années pour t’en sortir
T’en sortir, t’en sortir, t’en sortir

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3 réflexions au sujet de « Retour à Gorée »

  1. votre post nous donne envie de courrir voir ce film. Où passe t il dans la région d’Aix ? J’aimerais inviter quelques amis africains qui ne vont pas souvent aux cinémas, pour découvrir ensemble ce dont vous savez si bien parler
    C’est un vrai plaisir de lire votre blog .
    Bruno

  2. Christine, pourquoi si peu de commentaires ? Votre petit journal provincial, mérite d’être connu.
    Sur Aix, vous êtes plusieurs à tenir des blogs et pas des moindre, confère  » le confit c’est pas gras  » ou fredkitchen… aux contenus, surtout culinaires, si riches .
    Y a t il une synergie entre vous pour vous faire connaître du plus grand nombres d’entre nous, habitants du Pays d’Aix

    Avec vos découvertes et vos impressions vous oeuvrez comme des sentinelles qui nous font gagner un temps rare et précieux, nous évitent les déceptions et nous assurent de bons moments à partager en famille ou entre amis. Découvrir autour de chez nous, c’est tellement motivant.
    Vous inventez  » l’art de vivre, collaboratif « , méthode numérique, pas si virtuelle que ça !
    Une belle aventure qui ne fait que commencer.
    La blogosphère n’a pas de limite mais ce qui ressort à travers les thêmes traités, c’est votre attention aux faits de la vie qui vous entourent. Une communauté d’amis, qui s’ignore encore, va peu à peu se reconnaître, grâce à vos posts. Je suis sûr qu’elle vous fera partager, en retour, ses trouvailles

    Vous dîtes me connaître, alors il ne vous aura pas échappé que j’aime me retrouver avec ces amis qui nous arrivent d’horizons très divers et souvent très lointains.
    Être étranger dans une ville, si belle et culturelle soit elle, n’est pas toujours facile.
    L’ailleurs semble vous être familié aussi, le mélange des cultures a peut être trouvé sa plateforme d’accueil et d’échanges , votre blog.
    Ne vous arrêtez pas en si bon chemin.
    Bruno

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