Thaïlande, journal de voyage t8

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Mercredi 27 février
Même le muezzinde la mosquée d’à côté et le lit trop mou ne m’ont pas empêché de dormir. Le chant des muezzin n’est pas du tout le même qu’en Jordanie : plus musical, pus modulé. En fait dans le sud de la Thaïlande, surtout dans les coins perdus où on traîne, il y a beaucoup de musulmans et beaucoup de mosquées.
On reprend notre road-trip vers Nakhon. Il a plu pendant la nuit, mais ce matin il fait beau. Quelques km plus tard, on décide de quitter la « nationale » et de prendre les chemins de traverse. Comme d’habitude, on se retrouve coincés par un cul de sac… On reprend la nationale !
Arrivée à Nakhon, grosse ville, et tout de suite, on tombe sur un «Carrefour», avec le même logo que chez nous. D’un seul élan, nous nous engouffrons dans le parking souterrain, curieusement gardé par plein de mecs en uniformes avec matraque.
Petit centre commercial sur 3 étages, et petit Carrefour, même genre que chez nous. On dévalise le rayon chaussures. Par contre, au rayon ménager, je ne trouve pas l’épluche légumes décoratif que je cherche  (oui, je sais, j’ai tendance à rapporter des souvenirs de vacances bizarres…). Au rayon lingerie, on prend conscience de la différence de morphologie : tous les soutien-gorge sont paddés à mort (avec des rembourrages comme y’a pas chez nous !) et la plus grande taille doit être un 90 B… Pas UN soutif sans rembourrage !On mange dans un resto de la galerie, visiblement c’est une chaîne basée sur le concept de la fondue chinoise. Au milieu de chaque table une marmite d’eau bouillante, dans laquelle on met à cuire toutes sortes de légumes, et un choix de viandes, poissons ou autres (y’a des choses, je préfère ne même pas savoir ce que c’est…)
Le résultat est marrant, impression de faire sa petite cuisine, mais extrêmement fade, on aurait bien aimé du soja ou du sel pour relever tout ça. Mais l’idée est sympa et à reprendre.
En dessert, Philippe teste la « Taro Ice Cream » (glace au taro : vous voilà bien avancés ! Le taro c’est un légume genre pomme de terre poilue, dont la chair est mauve, et la texture hyper farineuse. Je ne vois même pas comment on peut en faire de la glace, c’est comme si je faisais de la glace aux pommes de terre). C’est mauve, ni bon, ni mauvais avec un petit goût indéfinissable.
Moi je prends des boules de sésame dans un sirop de gingembre chaud. C’est délicieux : de la pâte de sésame sucrée dans de la pâte à raviolis chinois, un bouillon de gingembre sucré et TRES relevé. Je n’en trouverai plus au cours du voyage, j’ai appris depuis que c’est un dessert de fête chinois.
Puis retour aux choses sérieuses, nous allons visiter Nakhon. Nous arrivons tant bien que mal au grand Wat (temple), où on se fait fourguer d’office 2 bouquets et 2 colliers de fleurs (offrandes à faire aux bouddhas). Les vendeuses de fleurs et de colliers sont installées sur le trottoir, et se jettent sur nous pour placer leur marchandise. On termine la négociation avec un bouquet que Philippe finira par offrir à un bouddha tout nu.

La coutume, c’est d’orner les bouddhas : on peut leur offrir des fleurs ou des assiettes de pièces, coller de petites feuilles d’or dessus, ou les habiller de pièces de tissu dans toutes les nuances d’orange. Et de fait dans le temple, certains bouddhas sont très richement ornés, et d’autres pas du tout. Il y a plusieurs milliers (au moins) de bouddhas dans le temple.

Le Wat est en travaux. Dès qu’on rentre dans le petit musée, on se fait gronder parce qu’on a gardé nos chaussures.
Mon bouddha préféré est un grand bouddha couché, dans le musée, devant lequel un écriteau précise « do not cover with gold »…
Mélange étrange de sacré et de profane, 2 femmes en prière devant un bouddha. L’une se balance d’avant en arrière l’air pénétré, l’autre répond à son téléphone portable qui sonne… Un bonze qui fume dans la rue, une jeune femme qui prie devant un bouddha avec les sacs plastiques de ses courses étalés autour d’elle, dans une aile d’un des temples des femmes qui plient des km de tissus dans toutes les nuances du jaune à l’orange, des moinillons de 12 ans qui passent en bande…

On est abordés par une bande de jeunes, accompagnés de leur professeur de japonais (?). Pour pratiquer son anglais, le garçon du groupe (essentiellement composé de jeunes filles gloussantes) nous fait un petit cours sur le temple, son histoire, la ville. J’ai pas tout compris, mais c’est marrant, et tout  fait désintéressé financièrement. Certains voyages précédents, surtout le Maroc, m’ont laissé une appréhension du « pressurage » financier des touristes, et j’ai toujours du mal à être détendue dès qu’on m’aborde. Mais en Thaïlande (en tout cas celle que nous avons rencontrée), comme à Cuba ou en Jordanie, quand les gens sont gentils, c’est parce qu’ils sont gentils, et pas par espoir d’un gain financier.
Dans le temple, un gong énorme, avec une bulle de cuivre. En frottant un certain temps la bulle, le gong finit par entrer en résonance et ça produit une vibration de plus en plus sonore qui emplit tout l’espace.
Visiblement, il y a des touristes asiatiques venus d’autres pays. Une femme qui a fait résonner le gong nous explique en anglais, toute émue, que c’est la première fois qu’elle y arrive.

Après ça, on passe devant les vestiges des remparts : pas mal, mais ne vaut pas le voyage comme dirait le guide vert. Un couple d’ados en uniforme d’écoliers s’embrasse avec fougue à l’abri des murailles, avec un copain qui fait le guet. Visiblement, ça ne se fait pas trop, en tout cas en public.
Tous les écoliers portent un uniforme, le même d’un bout à l’autre du pays. Pour les garçons, polo et bermuda marron, chaussettes montantes et tennis en toile marron, pour les filles, suivant l’âge, une déclinaison de bleu marine et de blanc, chemisier à col marin et jupe plissée pour les plus jeunes, petit chemisier blanc à manches courtes et jupe droite marine courte pour les plus vieilles. Sur le système scolaire thaï, un article très intéressant : http://pagesperso-orange.fr/jacques.nimier/journee_thailande.htm

Puis une très belle maison ancienne en bois, mais on ne peut pas la visiter et elle est quand même bien abîmée
Un peu déçus par Nakhon, nous repartons plein ouest en nous disant que le road trip, c’est bien plus marrant !

Petite route traversant de très jolis paysages, des gens souriants, visiblement on fait un peu sensation, c’est pas un coin à touristes (d’ailleurs, toute cette région ne figure même pas dans la plupart des guides…). Pas l’ombre d’un hôtel à l’horizon, de toute façon, il n’y a plus rien d’écrit en alphabet latin, et on ne sait pas lire « hôtel » en thaï. Heureusement, à la sortie d’une petite ville, Philippe repère un truc qui pourrait ressembler à un hôtel. Je n’y crois pas, et manque lui faire rebrousser chemin. Et pourtant si, c’est un genre de motel : 20 petits bungalows à touche-touche, avec une place pour garer une voiture sous un auvent. C’est tout neuf, ça coûte 350 baht la nuit (8€), et y’a même de l’eau chaude.
On paye, puis on retourne en ville faire un tour. Encore une ville-rue, si ce n’est que située à un croisement, elle est donc constituée de 2 rues qui se croisent. Un peu de tout, de la robe de mariée à la petite épicerie. On repère un resto avec en vitrine toutes sortes de choses qu’on peut manger, et même de grosses larves… Puis on trouve un internet café, où je peux sauvegarder mes photos, et un restau très sympa, en plein air, tables et bancs en bambou, barbecue où grillent viandes et poissons. Bien sûr personne ne parle un mot d’anglais !

On commande du porc grillé, absolument délicieux, et, non sans mal, une soupe avec des légumes, du gingembre et plein de crevettes, que le monsieur (c’est encore un couple qui officie, visiblement aidé par sa fille, en uniforme d’écolière) fait devant nous. Ce qui est bon dans cette cuisine c’est l’abondance des parfums : herbes, basilic tropical, coriandre…
Le monsieur nous fait goûter du cognac thaï, on lui fait goûter du rhum, il nous offre une flasque de cognac, on lui offre une cigarette, il nous re-offre une cigarette…
Visiblement « France », que ce soit prononcé à l’anglaise ou à la française ça ne leur dit rien, et Paris non plus. Même Zidane, qui nous a pourtant souvent servi de sésame est sans effet !

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