Si le coeur vous endive…

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Et bien non, ceci n’est pas une nouvelle chronique potagère… Je tombe sur un article passionant du magazine Lire consacré à Boris Vian, et cette phrase figure dans une lettre de Boris Vian à un ami. La phrase exacte est : « Téléphonouillez moi si le coeur vous endive ».

J’adore ! Comme j’adore cette autre phrase citée dans l’article :  » Si je tenais le salaud d’enfant de pute à la graisse de couille de kangourou qui m’a foutu ce nom de Dieu de bordel de merde d’installation d’une façon aussi dégueulasse … eh bien … comme on dit, je ne lui ferais pas mes compliments. »

Celle là, il faut que je la retienne pour la réutiliser à bon escient…

«  A chaque note, dit Colin, je fais correspondre un alcool, une liqueur ou un aromate. La pédale forte correspond à l’œuf battu et la pédale faible à la glace. Pour l’eau de Seltz, il faut un trille dans le registre aigu. Les quantités sont en raison directe de la durée : à la quadruple croche équivaut le seizième d’unité, à la noire l’unité, à la ronde la quadruple unité. Lorsque l’on joue un air lent, un système de registre est mis en action, de façon que la dose ne soit pas augmentée – ce qui donnerait un cocktail trop abondant – mais la teneur en alcool. Et, suivant la durée de l’air, on peut, si l’on veut, faire varier la valeur de l’unité, la réduisant, par exemple au centième, pour pouvoir obtenir une boisson tenant compte de toutes les harmonies au moyen d’un réglage latéral.
(…)
– Il n’y a qu’une chose gênante, dit Colin, c’est la pédale forte pour l’œuf battu. J’ai dû mettre un système d’enclenchement spécial, parce que lorsqu’on joue un morceau trop «hot», il tombe des morceaux d’omelette dans le cocktail, et c’est dur à avaler. Je modifierai ça. Actuellement, il suffit de faire attention. Pour la crème fraîche, c’est le sol grave.

– Je vais m’en faire un sur Loveless Love, dit Chick. Ça va être terrible »
(…)
Colin se leva et ouvrit le petit panneau mobile en faisant la manoeuvre, et ils prirent les deux verres remplis d’un liquide avec des irisations d’arc-en-ciel. L’antiquaire but le premier en clappant sa langue.
– C’est exactement le goût du blues, dit-il. De ce blues-là même. C’est fort, votre invention, vous savez.
– Oui, dit Colin, ça marchait très bien.
(…)
– Si je jouais Misty Mornin’ ? proposa l’antiquaire. Est-ce que c’est bon ?
– Oui, dit Colin, ça rend formidablement, ça donne un cocktail gris perle et vert menthe, avec un goût de poivre et de fumée. »

Je pense que bien d’autres que moi ont rêvé pendant des heures au pianocktail de l’Ecume des jours… eh bien, maintenant il existe. Une compagnie marseillaise, La Rumeur a créé le pianocktail et propose un spectacle – dégustation. A chaque note jouée par le pianiste, une goutte d’alcool vient s’ajouter au verre.

L’occasion de vérifier si Misty est vraiment brumeux, et Unforgettable inoubliable…

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3 réflexions au sujet de « Si le coeur vous endive… »

  1. Aucun rapport:
    J’ai goûté hier chez Ladurée, un macaron parfumé au muguet. Eh bien, c’est exquis ! Si, si. Je me suis dit que l’info pourrait intéresser tes papilles…
    BiZette

  2. Au muguet ???? Déjà je suis dubitative sur la lavande ; j’ai toujours l’impression de manger quelque chose parfumé au papier chiottes…

    Mais bon, vu que je vous pousse moi même à manger des plantes bizarres, je vais à la première occasion me rendre chez le receleur Ladurée le plus proche en fait j’en connais qu’à Paris) pour me faire une idée.

    Merci du tuyau !

  3. Je déteste aussi les mets à la lavande. Je suis toujours un peu méfiante avec la rose, exercice périlleux s’il en est mais si exquis lorsqu’il est réussi… Mon assiette de macarons était franchement florale: muguet, rose, jasmin, fleur d’oranger. Le tout à se rouler par terre, si ce n’était l’ambiance feutrée et chic du lieu… En revanche, je te déconseille le macaron-réglisse: erk !! Au fait, on a le même receleur…
    BiZette ;o)

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