Le Rossignol

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Je sais que je ne fais qu’attraper le train en marche, et joindre ma voix au concert de louanges qui encense ce spectacle depuis le début du Festival d’Aix, mais pourquoi faire ma bêcheuse et bouder mon plaisir alors que ce spectacle est une véritable féérie ?

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En plus, si vous avez peu de chances de pouvoir le voir en vrai (la dernière représentation a lieu ce soir et il semble que ce soit plein), il sera retransmis sur Arte Web Live, et ce serait dommage de le rater. De plus, il se pourrait qu’il passe par chez vous, auquel cas il vous faudra toutes affaires cessantes essayer d’obtenir des billets !

D’une certaine manière j’ai aussi eu de la chance : n’ayant même pas songé à réserver en temps et en heure, je ne pensais pas réussir à le voir quand la rumeur a commencé à se propager que c’était LE spectacle de l’année. De surcroît, il est donné au GTP, et s’enfermer dans une salle de spectacle par ces temps de canicule ne me tentait guère.

Pour une fois, je vais louer une initiative de la mairie d’Aix en Provence : à savoir la rediffusion dans des parcs de la ville, sur écran géant de certains spectacles du Festival. C’est donc en plein air, assise sur la pelouse du parc de la Torse que j’ai assisté à la retransmission du spectacle. OK, on perd le « réel ». Mais la captation faite par Arte Vidéo est de très bonne qualité, et permet, largement mieux que du fond de la salle et même que du premier rang, de saisir les moindres instants, les expressions des chanteurs, la magie de la mise en scène.

Je n’avais malheureusement pas révisé mon Andersen avant, je n’ai donc pas compris les détails de l’histoire, mais ça n’a aucune importance. Ce qui dans ce spectacle est exceptionnel c’est le mélange de la musique de Stravinsky, flirtant avec le jazz par moments, de chanteurs magnifiques, d’une mise en scène d’une richesse stupéfiante, de jeux d’ombres, d’acrobates, de costumes chatoyants… Difficile de parler de tout !

Le spectacle commence par plusieurs « petites » pièces , pour voix de femme, pour clarinette solo, pour choeur. A chaque pièce correspond un ballet précis de jeux d’ombres, de contre-jour, d’acrobates (qui m’ont fait penser à Pilobolus, c’est dire leur qualité !)… Une « piscine » occupe toute l’avant scène, renvoyant jeux de lumière, symbolisant la mer, la rivière.

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La deuxième partie c’est Le Rossignol proprement dit, un « mini » opéra en 3 actes sur le conte d’Andersen, « Le Rossignol et l’Empereur ».

Sur la mer, le pêcheur chante la beauté du chant du rossignol. L’image est magique., une lanterne chinoise éclaire la scène. Le rossignol lui répond (merveilleuse Olga Peretyatko) et son chant ne pourra pas vous laisser insensible !

rossignol2Comme dans le conte d’Andersen, le rossignol acceptera la captivité pour l’amour de l’empereur, sera détrôné par un vulgaire rossignol mécanique, et s’enfuira, emportant avec lui la joie et la vie de l’empereur. Mais il reviendra arracher celui-ci aux griffes de la mort (mise en scène saisissante !)
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Des trouvailles de mise en scène constantes, des images d’une perfection absolue, la beauté de chaque détail… Un moment magique.

Merci à Robert Lepage, le metteur en scène canadien, merci au chef Kazushi Ono, à tous les musiciens, les chanteurs, les acrobates, les marionnettistes, d’avoir su créer autant de beauté.

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