La physique des catastrophes

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J’ai terminé cette nuit ce gros pavé (823 pages quand même), et je ne sais pas trop quoi en penser…

D’un côté, pendant les 10 jours qu’il m’a fallu pour le lire, je me suis régalée, et j’ai eu du mal à le poser, même quand le sommeil se faisait pressant. D’un autre côté, je reste un peu sur ma faim à la fin (sans mauvais jeu de mots).

Tout d’abord, c’est un livre extrèmement brillant, on peut même dire excessivement brillant, puisque cet étalage de culture irrite (ou tout au moins surprend) au début. Puis, je m’y suis faite et j’ai même fini par attendre ces digressions et citations (parfois fantaisistes, je pense).
Disons que comme ce livre raconte l’histoire d’une jeune fille surdouée, le fond et la forme sont en harmonie…

Le style est un peu lourd, sans que je sache, puisque je l’ai lu en français, si c’est un nouveau drame de la traduction ou directement imputable à l’auteur. Je pense que le traducteur n’y est pas pour rien, puisqu’il y a carrément plusieurs fautes de français dans le livre.

Je ne vous raconterai pas l’histoire, pour vous laisser la surprise, mais vous y trouverez à la fois un vrai polar, un roman des années « college » américaines, de solides notions d’économie politique, et beaucoup d’autres choses !

J’y ai aussi trouvé une description originale de la fonction de l’enseignement, qui par ces temps de restrictions budgétaires devrait donner à réfléchir :

 » Quoi de plus glorieux qu’un professeur ?  Loin de moi l’idée de vouloir élever les esprits ou forger l’avenir de la nation. Il n’y a pas grand chose à espérer lorsque lesdits esprits émergent de l’utérus déjà formatés pour la playstation. Non. Ce dont je parle, c’est du professeur comme seul être sur terre capable de construire un cadre autour de la vie – pas toute la vie, juste un fragment, un petit bout. Il organise l’inorganisable. Il le cloisonne en moderne et post moderne, renaissance, baroque, primitivisme, impérialisme, etc. Il délimite ça par des devoirs, des partiels, des vacances. Quel ordre ! C’est tout simplement divin. (…) Il ne faut pas s’étonner que tant d’adultes rêvent de retourner à la fac, à ces dates de remise, à cette structure. Enfin une armature à laquelle se raccrocher ! Elle a beau être arbitraire, sans elle nous sommes perdus, incapables de différencier le romantique du victorien dans nos tristes existences dépourvues de sens… »

Et pour finir, cette phrase qui ravira les dubitatifs de l’art moderne : « Prends un Kandinsky. Ce n’est que confusion. Mets-lui un cadre, et voilà, il donne une touche d’originalité au dessus de la cheminée. »

 

 

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