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Si le coeur vous endive…

Et bien non, ceci n’est pas une nouvelle chronique potagère… Je tombe sur un article passionant du magazine Lire consacré à Boris Vian, et cette phrase figure dans une lettre de Boris Vian à un ami. La phrase exacte est : « Téléphonouillez moi si le coeur vous endive ».

J’adore ! Comme j’adore cette autre phrase citée dans l’article :  » Si je tenais le salaud d’enfant de pute à la graisse de couille de kangourou qui m’a foutu ce nom de Dieu de bordel de merde d’installation d’une façon aussi dégueulasse … eh bien … comme on dit, je ne lui ferais pas mes compliments. »

Celle là, il faut que je la retienne pour la réutiliser à bon escient…

«  A chaque note, dit Colin, je fais correspondre un alcool, une liqueur ou un aromate. La pédale forte correspond à l’œuf battu et la pédale faible à la glace. Pour l’eau de Seltz, il faut un trille dans le registre aigu. Les quantités sont en raison directe de la durée : à la quadruple croche équivaut le seizième d’unité, à la noire l’unité, à la ronde la quadruple unité. Lorsque l’on joue un air lent, un système de registre est mis en action, de façon que la dose ne soit pas augmentée – ce qui donnerait un cocktail trop abondant – mais la teneur en alcool. Et, suivant la durée de l’air, on peut, si l’on veut, faire varier la valeur de l’unité, la réduisant, par exemple au centième, pour pouvoir obtenir une boisson tenant compte de toutes les harmonies au moyen d’un réglage latéral.
(…)
– Il n’y a qu’une chose gênante, dit Colin, c’est la pédale forte pour l’œuf battu. J’ai dû mettre un système d’enclenchement spécial, parce que lorsqu’on joue un morceau trop «hot», il tombe des morceaux d’omelette dans le cocktail, et c’est dur à avaler. Je modifierai ça. Actuellement, il suffit de faire attention. Pour la crème fraîche, c’est le sol grave.

– Je vais m’en faire un sur Loveless Love, dit Chick. Ça va être terrible »
(…)
Colin se leva et ouvrit le petit panneau mobile en faisant la manoeuvre, et ils prirent les deux verres remplis d’un liquide avec des irisations d’arc-en-ciel. L’antiquaire but le premier en clappant sa langue.
– C’est exactement le goût du blues, dit-il. De ce blues-là même. C’est fort, votre invention, vous savez.
– Oui, dit Colin, ça marchait très bien.
(…)
– Si je jouais Misty Mornin’ ? proposa l’antiquaire. Est-ce que c’est bon ?
– Oui, dit Colin, ça rend formidablement, ça donne un cocktail gris perle et vert menthe, avec un goût de poivre et de fumée. »

Je pense que bien d’autres que moi ont rêvé pendant des heures au pianocktail de l’Ecume des jours… eh bien, maintenant il existe. Une compagnie marseillaise, La Rumeur a créé le pianocktail et propose un spectacle – dégustation. A chaque note jouée par le pianiste, une goutte d’alcool vient s’ajouter au verre.

L’occasion de vérifier si Misty est vraiment brumeux, et Unforgettable inoubliable…

La physique des catastrophes

J’ai terminé cette nuit ce gros pavé (823 pages quand même), et je ne sais pas trop quoi en penser…

D’un côté, pendant les 10 jours qu’il m’a fallu pour le lire, je me suis régalée, et j’ai eu du mal à le poser, même quand le sommeil se faisait pressant. D’un autre côté, je reste un peu sur ma faim à la fin (sans mauvais jeu de mots).

Tout d’abord, c’est un livre extrèmement brillant, on peut même dire excessivement brillant, puisque cet étalage de culture irrite (ou tout au moins surprend) au début. Puis, je m’y suis faite et j’ai même fini par attendre ces digressions et citations (parfois fantaisistes, je pense).
Disons que comme ce livre raconte l’histoire d’une jeune fille surdouée, le fond et la forme sont en harmonie…

Le style est un peu lourd, sans que je sache, puisque je l’ai lu en français, si c’est un nouveau drame de la traduction ou directement imputable à l’auteur. Je pense que le traducteur n’y est pas pour rien, puisqu’il y a carrément plusieurs fautes de français dans le livre.

Je ne vous raconterai pas l’histoire, pour vous laisser la surprise, mais vous y trouverez à la fois un vrai polar, un roman des années « college » américaines, de solides notions d’économie politique, et beaucoup d’autres choses !

J’y ai aussi trouvé une description originale de la fonction de l’enseignement, qui par ces temps de restrictions budgétaires devrait donner à réfléchir :

 » Quoi de plus glorieux qu’un professeur ?  Loin de moi l’idée de vouloir élever les esprits ou forger l’avenir de la nation. Il n’y a pas grand chose à espérer lorsque lesdits esprits émergent de l’utérus déjà formatés pour la playstation. Non. Ce dont je parle, c’est du professeur comme seul être sur terre capable de construire un cadre autour de la vie – pas toute la vie, juste un fragment, un petit bout. Il organise l’inorganisable. Il le cloisonne en moderne et post moderne, renaissance, baroque, primitivisme, impérialisme, etc. Il délimite ça par des devoirs, des partiels, des vacances. Quel ordre ! C’est tout simplement divin. (…) Il ne faut pas s’étonner que tant d’adultes rêvent de retourner à la fac, à ces dates de remise, à cette structure. Enfin une armature à laquelle se raccrocher ! Elle a beau être arbitraire, sans elle nous sommes perdus, incapables de différencier le romantique du victorien dans nos tristes existences dépourvues de sens… »

Et pour finir, cette phrase qui ravira les dubitatifs de l’art moderne : « Prends un Kandinsky. Ce n’est que confusion. Mets-lui un cadre, et voilà, il donne une touche d’originalité au dessus de la cheminée. »

 

 

Jonathan Swift

 Il semble qu’un certain nombre d’entre vous, chers lecteurs fidèles, n’ait pas saisi la dimension parodique – voire pamphlétaire – du texte, horrible je l’avoue, de Jonathan Swift (Modeste contribution…).

C’est vrai qu’elle me semblait si évidente que je n’ai pas jugé utile de le préciser. Pour la petite histoire, j’ai découvert ce texte, alors que Caroline, avant son bac de français, avait littéralement recouvert les murs de la maison de ses fiches de révision. Ce texte était scotché sur le mur des toilettes, ce qui m’a laissé le temps de le lire, et de l’apprécier. Très bizarrement, ce texte a été adapté au cinéma en 1999 : Proposition de manger les enfants, de Brice Reveney, avec Jean-Claude Dreyfus, ainsi qu’au théâtre. Je n’ose même pas imaginer !

Depuis, j’ai appris que Gulliver, loin d’être le roman d’aventure qu’on sert aux enfants dans sa version expurgée, était un pamphlet virulent, entre autres contre la guerre ou à l’encontre des brillants scientifiques qui veulent faire profiter le peuple de leurs brillantes innovations, contre son gré s’il le faut, sans voir que, bien souvent, leurs inventions conduisent les peuples à la ruine.

Swift n’en était pas à son premier essai, puisqu’il avait déjà réussi à se mettre à dos durablement la reine Anne en écrivant Le Conte du tonneau, texte impitoyable à l’égard de la stupidité de ses contemporains.

Voilà… Et pour vous réconcilier avec Swift quelques citations piochées sur internet :

– son épitaphe, qu’il composa lui même : « Ici repose la dépouille de Jonathan Swift, D.D., doyen de cette cathédrale, qui désormais n’aura plus le cœur déchiré par l’indignation farouche. Va ton chemin, voyageur, et imite si tu le peux l’homme qui défendit la liberté envers et contre tout. »

–  » Tout le monde voudrait vivre longtemps, mais personne ne voudrait être vieux. »

–  » Nous avons juste assez de religion pour nous haïr, mais pas assez pour nous aimer les uns les autres. » (Oh combien d’actualité de nos jours… hélas)

– Et, tiré des « Instructions aux domestiques » ce conseil avisé aux bonnes d’enfant :  » Choisissez autant que possible vos amoureux parmi les militaires ; les enfants aiment les couleurs brillantes des uniformes, et pendant que vous causez de vos amours, l’enfant peut jouer avec le sabre de votre amant ; on ne cite guère d’exemples d’enfants qui se soient blessés ou tués dans des jeux de cette nature, et si un accident de ce genre devait arriver, ce serait bien extraordinaire que ce fût à vous qu’il arrivât.  »

2 petits bijoux de livres

OK, en ce moment je ne vous sature pas sous les articles, mon BlogRank est redescendu à 1, et même mes plus fidèles lecteurs ont perdu espoir…
Il faut dire que je travaille beaucoup trop, que du coup je n’ai plus le temps de lire, plus le temps de sortir, et que fatalement, mes chances de croiser le livre / le spectacle dont je dois immédiatement faire connaître au monde les qualités exceptionnelles sont réduites d’autant…
Si l’on ajoute que j’ai décidé de me débarrasser enfin des ces 6 kilos insidieusement accumulés sur ma silhouette au cours des dernières années  – et que donc, je ne mange plus – ce n’est pas non plus de mes dernières trouvailles culinaires que je vais pouvoir vous entretenir !
Heureusement, ont quand même croisé mon chemin deux livres qui n’ont rien en commun, si ce n’est un solide optimisme, je dirais même un sacré amour de la vie.Le premier s’appelle « La Tête en Friche » de Marie Sabine Roger, aux éditions du Rouergue.L’amitié improbable qui se crée entre Germain, quasi analphabète, et Marguerite, ancienne prof, Camus et un dictionnaire. C’est très drôle (au bout d’un moment, il a fallu que je me batte pour garder mon livre, à force de m’entendre rire toute seule, toute la famille voulait me le piquer), émouvant, plein d’espoir et pas gnangnan pour un sou.

Le deuxième est très drôle aussi, dans un registre moins familier, puisque mâtiné de science fiction. Il est signé Terry Pratchett et Neil Gaiman, nous parle de l’arrivée imminente de l’Apocalypse et s’appelle « De bons Présages« .

C’est souvent à se tordre, suffisamment déjanté pour que l’on soit surpris à chaque page, mais en même temps assez classique pour être très facile à lire.
Rampa et Aziraphale ont été respectivement mandatés par le Diable et par Dieu pour surveiller la terre. Quand arrive le jour de l’Apocalypse, ils se rendent compte qu’ils n’ont aucune envie de voir disparaître la terre où la vie est quand même bien plus agréable qu’en enfer ou au paradis.
Truffé de personnages incroyables auxquels on croit dur comme fer, guidés par les présages toujours exacts  mais parfois difficiles à interpréter d’une sorcière brûlée par l’inquisition, ce livre nous propulse jusqu’à l’inéluctable fin …

A lire même si vous n’aimez ni la SF ni la Fantasy.

Des livres pour l’été

Je sais, vous allez encore dire que je suis complêtement immergée dans la Fantasy, et vous n’aurez pas tout à fait tort…Mais je ne peux pas passer sous silence ma dernière découverte, et honnêtement, ces livres sont de bons livres avant d’être des livres de Fantasy. Ce pourrait même être l’occasion pour ceux d’entre vous qui se pensent allergiques au genre de revoir leur position…

L’auteur s’appelle Barbara Hambly, vous pourrez trouver tout ce que vous voulez savoir sur sa vie et son oeuvre sur son site officiel.

Je l’ai découverte avec Fendragon, un livre à l’humour décapant et aux personnages incroyablement proches de nous, bien que vivant dans une sorte de moyen âge peuplé de dragons.
Je ne vous en dis pas plus, mais tentez l’expérience…

Après ça j’ai emprunté à la bibliothèque « L’invité malvenu » qui dans un genre différent était très bien aussi.

En ce moment (au cas où vous ne vous en seriez pas encore aperçus, je suis un peu serial liseuse comme fille) je termine la « Trilogie de Darwath« , si je ne me trompe une de ses premières oeuvres, où l’on sent l’influence du Seigneur des Anneaux (je dis, y’a pire comme influence…). Je suis partagée entre le besoin de savoir la fin, et donc de lire le plus vite possible, et la nécessité d’en garder encore un peu pour le savourer plus longtemps… Dilemme récurrent chez les lecteurs compulsifs…

O joie, en cherchant les références de son site pour cet article, je me suis rendu compte qu’elle avait écrit 2 volumes supplémentaires à cette trilogie, visiblement pas encore traduits en français, mais qu’importe ? J’aime bien lire en anglais, comme je lis plus lentement, les livres me font plus d’usage et j’en profite plus longtemps.

Youpi ! Bon été, bonnes lectures à tous… La prochaine fois, je vais être pile poil dans la tendance en vous parlant des cannelés… J’en suis encore à la phase de test, mais les 18 premiers n’ont pas tenu 5 mn, y’a des signes qui ne trompent pas.

c’est fini…

Bon, voilà, c’est fini…

Quelques années que chaque été j’attendais avec impatience sa sortie, en anglais pour l’avoir lu avant tout le monde… Là, c’est vrai, j’ai pris du retard, trop d’autres livres à lire en même temps.

Mais je voulais l’avoir fini avant qu’il ne sorte en français, simple question d’amour propre.

Mon fils m’ayant clairement averti qu’il n’hésiterait pas à recourir à des sortilèges impardonnables à mon encontre si je laissais filtrer la moindre petite info… je ne vous dirai donc RIEN sur ce qui s’y passe, je ne vous dirai même pas si c’est vraiment fini !

De toute façon il vous reste moins d’une semaine avant de l’avoir entre les mains en français, alors !

Parmi les livres qui m’ont retardé dans ma découverte du dernier Harry Potter figure en bonne place la série de Robin Hobb « L’assassin royal ». Découverte grâce à un article du Monde, cette série m’a tenu tout l’hiver, et comme j’avais décidé de les acheter en poche uniquement et que le dernier tome n’est sorti que début octobre, je viens seulement de finir.

 

Hobb, c’est carrémént une drogue ! Entre la parution des derniers tomes de l’assassin, j’ai attaqué la série « connexe » des « Aventuriers de le mer », pour me retrouver là encore en état de manque à cause de la lenteur des parutions en poche. Heureusement mon amie Gisèle m’a prêté les tomes de la fin… sauf le dernier ! J’attends donc qu’elle s’en souvienne, sinon je vais peut être déroger à mes principes et l’acheter en grand !

Pour vous prouver à quel point cette femme (je parle de Robin Hobb) est dangereuse : sa dernière série s’appelle « le soldat chamane » en français, mais n’est traduite que petit à petit. J’ai donc eu recours à ma vieille astuce, et je les lis en anglais. Mais hélas, la sortie en poche du troisième tome n’est prévue que pour le printemps. Me voilà donc coincée au beau milieu des aventures de Nevare, nouveau héros craquant de la magicienne Hobb.

A ce propos, j’ai des récriminations à soumettre aux traducteurs : pourquoi se sentent-ils obligés de modifier les noms des héros ?
Ca m’avait déjà énervé dans le Seigneur des Anneaux. Pourquoi Bilbon ? Pourquoi Frodon ? Bilbo et Frodo, ça sonne quand même mieux !
Dans Harry Potter, les noms des personnages secondaires sont si différents entre les versions françaises et anglaises que ça complique énormément le passage entre les deux langues. Du coup, tout un tas de glossaires circulent sur Internet pour aider le pauvre lecteur.
Et pour Robin Hobb : pourquoi changer le nom du héros ? Il s’appelle Nevare, et c’est traduit par Jamère. Je comprends bien l’idée, mais d’abord, ça ne repose sur rien dans le livre, et en plus Jamère ça sonne vraiment pas bien.

Vous allez penser que je ne lis que de la Fantasy, ce qui n’est ni tout à fait vrai, ni tout à fait faux…
Mais voilà mon dernier coup de coeur : « La maison d’oubli » d’Elisabeth Vonarburg. Je l’avais remarquée car c’est elle qui traduit les livres de Guy Gavriel Kay, un autre de mes grands amours littéraires. Et quand elle écrit, c’est vraiment trés trés bien aussi.

Encore une épreuve de patience pour moi, puisque la série qui commence par La maison d’oubli, « Reine de Mémoire » comporte plein de volumes, qui ne sortent que trés lentement en poche !


Et voilà, pour finir cet article sur la fin…

Celui-ci, nous étions des milliers (des millions ?) à l’attendre le coeur battant. D’autant que l’auteur ayant eu l’idée stupide de succomber à une crise cardiaque, on est malheureusement certains qu’il n’y en aura pas d’autres.
La fin des aventures de Mikael Blomkvist, de Lisbeh Salander, de tout le petit monde de Millenium, de tous ces personnages à peine évoqués mais déjà nos amis…

Reconnaissons cependant qu’il y a quelques longueurs dans cet ultime opus. J’ai eu un peu de mal avec les pages sur la constitution suédoise… les méchants sont vraiment méchants et les gentils vraiment gentils…
Mais malgré tout, ce livre fait définitivement partie de la catégorie des addictifs ! Pour preuve tous les gens qui trépignent en attendant que je le leur prête…

LE livre de cuisine…

Je suis une vraie fan de la collection « Grain de sel » chez Tana. Des livres de cuisine tous plus jolis les uns que les autres, bourrés de recettes comme je les aime, créatifs et ludiques…
Alors quand j’ai vu que la « compil » était sortie, comment résister ?
480 pages, les 200 meilleurs recettes de la collection, le making-of de ces petites merveilles, tout ça pour 18 €, c’est trop, c’est trop !

Résultat, depuis deux jours, je suis rivée à mes fourneaux, pour tester les plus alléchantes des recettes.

Rien que pour le plaisir, je vous cite mes titres préférés dans la collection :

– le livre pour les garçons qui veulent épater les filles
– le livre pour les filles qui n’ont pas appris grand chose avec leur mère (je te rassure, maman, celui-là, je ne l’ai pas acheté…)
– la cuisine des fées ou comment faire des merveilles sans être magicienne
– petits plats gourmands pour mamans au bord de la crise de nerfs
– petit livre de recettes régressives pour les grands qui ont gardé une âme d’enfant
– les baguettes magiques d’une chinoise de Lyon (celui-là, il est INDISPENSABLE)
– pour en finir avec la cuisine de mémé
– jf suédoise ayant beaucoup voyagé cherche cobayes pour goûter ses inventions
– au secours, on est 8 à dîner et je ne sais pas trop cuisiner
– comment oublier son ex d’un bon coup de fourchette
– 50 recettes pour rester canon
– petit manuel pour ne pas avoir l’air d’une nouille dans une épicerie asiatique
– chéri, t’as pris du bide

Et encore un peu de plaisir avec des photos illustrant les livres…

Je vous promet que je n’ai aucune action dans la maison, mais simplement j’adore ce qu’ils font !

Et tiens, pour la peine, je vous donne même l’adresse de leur site : www.tana.fr

Ysabel de Guy Gavriel Kay

Je suis une fan de Guy Gavriel Kay, depuis que ma petite maman m’a offert Tigane.
J’ai aimé tous ses livres, même la trilogie de Fionavar, pourtant si décriée.

Je suis même allée l’écouter lire un extrait de son avant dernier livre « The last Light of the Sun » (qui vient de sortir en librairie en français), alors qu’il séjournait pendant quelques mois à Aix, pour des recherches sur son prochain livre.

Ce fameux livre, qui est sorti il y a un ou deux mois (le 8 avril ou le 8 mars, je l’ai acheté ce jour là, mais je ne sais plus…) s’appelle donc Ysabel.

GG Kay abandonne pour l’occasion le monde des ses derniers livres : plus de double lune, mais l’époque actuelle et une ville précise, Aix en Provence comme par hasard.

Premier contact un peu déroutant, d’autant que le canadien accumule un certain nombre de poncifs : la jeune fille snob s’appelle Marie Chantal (!), il parle du Mont Ste Victoire (on dit la montagne !), et d’autres détails plus agaçants que vraiment génants.

L’action démarre lentement, et ce n’est qu’au milieu du livre qu’on est vraiment pris par cette histoire d’un amour hors du temps entre Ysabel, Phelan et Cadell.

Je ne vous en dirai pas les détails, ce serait dommage pour vous, car j’espère bien que vous lirez ce livre quand il sera traduit en français, ou avant si vous lisez l’anglais.

Guy Gavriel Kay est visblement amoureux de la Provence, qu’il mettait déjà en scène dans « La chanson d’Arbonne », mais cette fois, il nous entraîne aussi sur les traces des celtes qui, je l’ai appris à cette occasion, sont venus jusqu’ici. Des bribes d’Histoire, la bataille de Pourrières, une vision nouvelle sur des monuments que je pensais connaître (j’en ai profité pour aller revisiter le cloître de la cathédrale St Sauveur, photo à gauche), la Sainte Victoire, et le don de conteur de Guy Gavriel Kay rendent ce livre passionnant, surtout quand on habite Aix, comme moi.

Ce n’est cependant pas à mon avis son meilleur livre, et j’espère retrouver bientôt le monde aux deux lunes et au vin bleu…

"Les hommes qui n’aimaient pas les femmes", de Stieg Larsson

J’avais lu des articles plus qu’élogieux dans la presse, et je dois reconnaître que je n’ai pas été déçue. C’est un polar passionnant, foisonnant de personnages auxquels on croit à fond et auxquels on s’attache, mais je trouve que « polar » est réducteur pour ce livre. C’est pas juste un polar, c’est surtout un vrai livre !
Mikael Blomkvist, journaliste en rupture de ban, et Lisbeth Salander, que son inadaptation sociale n’empêche pas d’être un génie informatique forment un duo étrange et attachant bien qu’ils ne se rencontrent vraiment qu’au milieu du roman.Autour d’eux, le petit monde du journal « Millenium », une famille bizarre et inquiétante, des financiers véreux… avec en prime une étude intéressante sur la vie et la société suédoise.

J’attaque le 2ème tome dès que possible ( » la fille qui révait d’un bidon d’essence et d’une allumette « ).

Après, il y en aura un troisième (pas encore traduit en français si je ne me trompe) et ensuite, hélas, plus rien, puisque l’auteur a eu la très mauvaise idée de disparaître soudainement.

Jim Chee et Joe Leaphorn…

Les nombreux fans de Tony Hillerman auront reconnu les noms des principaux protagonistes de cette saga policière que je dévore depuis un an.

Jim Chee est navajo traditionaliste. Il salue le soleil en se levant,  essaye de demeurer fidèle à la voie navajo et de garder l’harmonie (hozho) qui permet au monde d’exister. Il rève de devenir « yataali », chanteur, nous dirions peut être medecine man. C’est celui qui grâce à des rites compliqués mélant des chants, des dessins de sable colorés et des rituels de purification permet à un malade de retrouver l’harmonie (hozho) et de guérir.

Il est aussi policier, dans la police tribale navajo, ce curieux mélange n’allant pas toujours de soi.

Dans « Le peuple des Ténèbres » nous faisons sa connaissance à un moment où, simple agent, il hésite à passer le concours d’entrée à l’académie du FBI. Au fil des livres, nous le verrons monter en grade ou être rétrogradé, résoudre des énigmes, tomber amoureux, mais jamais il ne perdra son amour pour son pays, sa « pureté » et son besoin d’être en harmonie avec la nature et la terre.

Joe Leaphorn, c’est le « légendaire lieutenant ». Plus âgé que Chee, mieux adapté aux contraintes de son métier et de la société américaine, il n’en est pas moins navajo par toutes ses fibres.
Il résoud la plupart de ses énigmes en cherchant le lien secret qu’entretiennent des évènements en apparence indépendants. Il a dans son bureau une grande carte de la région, ponctuée d’épingles de couleur qui lui permet de découvrir ces rapports cachés.

Joe Leaphorn et Jim Chee ont d’abord du mal à travailler ensemble, le côté imprévisible de Jim le rendant difficile à gérer. Ils finiront par s’apprécier et se respecter mutuellement.

Ce que j’aime dans ces livres, c’est l’omniprésence de la culture navajo, l’amitié qu’a l’auteur pour ses personnages, et l’amour pour la terre navajo que l’on sent à chaque ligne. Chaque livre est terminé par un glossaire passionnant où l’on apprend beaucoup de choses sur la culture, les mythes et la vie des navajos.

Ci dessous, ma traduction personnelle d’un texte de Tony Hillerman lu (en anglais) sur son site : www.tonyhillermanbooks.com

« Vous avez soutenu la série Leaphorn/Chee au cours de sa longue histoire, et je souhaitais vous remercier en écrivant un texte sur leurs origines. Il me semble que vous aimeriez connaître les racines des mes deux personnages préférés : le lieutenant Joe Leaphorn (maintenant à la retraite) et le sergent Jim Chee, tous deux appartenant à la police trivale navajo.

Leaphorn a été inspiré par un jeune shérif de Hutchinson County, au Texas, que j’ai rencontré et appris à admirer en 1948, étant à ce moment un trés novice reporter pour un article sur « le crime et la violence » dans les hautes plaines de Panhandle. Intelligent et honnête, il était sage et humain dans l’usage de ses pouvoirs de policier – l’image idéale de ce que devrait être un policier.

Quand j’ai eu besoin d’un policier de ce type pour un personnage que je pensais mineur dans « La voie de la bénédiction », ce shérif me revint à l’esprit. J’ajoutais des caractéristiques culturelles et religieuses navajo, et il devint Leaphorn en bonne et due forme. Fort heureusement pour moi, pour Leaphorn et pour nous tous, mon éditeur de l’époque, Joan Kahn, me demanda de réécrire une bonne partie du manuscrit, et ayant commencé à entrevoir les possibilités de Leaphorn, je lui donnai une place plus importante dans l’histoire, et le rendis plus navajo.

Jim Chee apparut plusieurs livres plus tard. J’aime dire qu’il naquit d’un besoin artistique pour un type plus jeune, moins sophistiqué qui rende  l’intrigue du « Peuple des ténèbres » compréhensible, et c’est en grande partie vrai. Chee est le mélange d’une centaine de ces jeunes idéalistes, romantiques, agités, à qui j’ai donné des cours à l’Université du Nouveau Mexique. J’ai transformé leurs rêves de « bon vieux temps » en souhait de garder vivant le système de valeurs navajo dans notre époque consumériste.

J’avoue que Leaphorn est le personnage que je préfèrerais avoir comme voisin, et que nous partageons un bon paquet d’idées et d’attitudes. Je dois admettre que Chee me ferait parfois perdre patience, ainsi que ces étudiants dont je me suis inspiré. Mais chacun d’entre eux, à sa façon, représente la Voie Navajo que je respecte et que j’admire. Et j’avoue aussi que je ne commence jamais un des livres où ils apparaissent sans la volonté de donner au lecteur au moins un aperçu de la culture d’un peuple qui mérite d’être mieux compris.

Tony Hillerman  »